Par linf1 8 février 2012 Poster un Commentaire

Après avoir révélé dans Le parisien le 3 février qu’elle était SDF, Télé loisirs l’a retrouvée à Saint-Ouen raconte ses déboires, elle qui a perdu la garde de ses trois enfants.

 

 

ITW TV MAGAZINE : LE RECIT COMPLET

Trois jours après avoir révélé sa situation à nos confrères du Parisien, Mallaury Nataf a accepté de nous parler de ses combats. Entretien exclusif avec la comédienne connue dans les années 90 pour son rôle dans Le Miel et les Abeilles.
Mallaury Nataf, quand on vous voit, il y a quelque chose qui nous étonne. Comment une jeune femme comme vous a-t-elle pu devenir SDF ?
A la suite d’un ensemble de circonstances. Il y a cinq ans, j’ai contracté un cancer de l’utérus dont j’ai guéri sans l’avoir soigné car je ne le voulais pas mais j’en suis sortie extrêmement faible et fatiguée. Je pesais à peine 41 kilos quand Abraham Gabay, qui allait devenir mon mari, m’a rencontrée. Je suis tombée enceinte et j’ai donné naissance à un garçon, démentant les prévisions médicales les plus pessimistes. Je vivais alors rue Florence Blumenthal avec Abraham, étudiant kabbaliste, ancien secrétaire de rédaction d’Europe 1 et réalisateur de documentaires. Nos relations étaient empreintes de plaisir et de spiritualité, Abraham étant quelqu’un de réellement dionysiaque. Malheureusement, ma famille me témoignait une véritable hostilité. Mon père, qui avait développé une relation quasi incestueuse avec moi, et mes deux anciens maris n’ont pas supporté que je puisse être heureuse avec cet homme. Ils ont engagé une série d’actions en justice qui ont abouti à me priver, le 18 juillet 2010, de la garde de mes deux premiers enfants. Il m’a fallu, dès lors, vivre avec leur absence.Quel a été l’élément accélérateur ?
Tout s’enchaîne quand Abraham fait deux ruptures d’anévrisme. Il ne parle plus, ne dit plus rien. Tout s’écroule d’un coup. Je suis moi-même victime de six attaques cardiaques et j’apprends alors à tutoyer la mort et à la repousser quand elle se présente. Je perds progressivement tous mes droits et vais d’hébergement en hébergement, d’ami en ami car je n’ai plus de domicile fixe. Du 16 mars 2011 au mois de novembre 2011, j’en recense 13.

Ces soutiens prennent progressivement fin ?
Oui, et à partir du 8 novembre dernier, je suis véritablement à la rue. Je suis logée dans les centres sociaux à Magnanville, Saint-Cyr, Epone Mezieres où je reste, en général, entre 4 et 8 jours. A chaque fois, il me faut compter près de quatre heures pour me rendre sur Paris et chercher du travail. Dans ces centres, il y a 80% d’Africains, 10% de musulmans, 10% de Maghrébins et pratiquement aucun français.

C’est à ce moment-là que vous voulez revenir vivre à Paris quoi qu’il vous en coûte ?
Je ressens effectivement l’impérieux besoin de m’installer à Paris. Lorsque je descends à Marseille ou à Nice, les services sociaux m’avaient clairement fait comprendre qu’il m’était très difficile de me faire héberger dans une région dont je ne suis pas originaire. Le 115 manque singulièrement d’efficacité que vous soyez à Paris ou en province. Je me retrouve sans logement, sans argent et sans enfant. Je décide alors de revenir sur Paris en novembre. Je dors dans les parkings Vinci, dans les parcs publics, quai de Javel, place de la Nation. J’ai dormi en bas des Champs Elysées, devant l’Elysée, devant le restaurant, très huppé, Chez Laurent… Toutes les nuits, je ne reste jamais plus de deux ou trois heures au même endroit.

« Je songe à réaliser un documentaire »

Combien de temps cette période dure-t-elle et pourquoi vous présentez vous toujours aussi bien sur le plan esthétique ? Ce que certains vous ont reproché mettant en doute votre situation…
Cela a duré près de 80 jours, jusqu’à ce que la responsable de l’association Pause Café ait décidé de m’héberger depuis dimanche dernier. Mon apparence ? Je prends soin de moi et me suis toujours lavée. Je me manucure les mains car l’aspect extérieur est primordial même si l’on doit dormir dehors. D’une certaine façon, je suis une sorte de précurseur. Au Japon, certains cadres sont impeccablement habillés alors qu’ils dorment dans la rue. Bientôt, cela va arriver en France.

Avez-vous perdu confiance et manqué de quelque chose ?
Jamais car je suis extrêmement croyante et j’ai pu me nourrir très convenablement tant les Français sont généreux. En deux mois, j’ai reçu près de 2 000 euros, ce qui m’a permis de manger très correctement, notamment dans le quartier des Champs Elysées que j’affectionne. Nous vivons dans un pays où les gens sont très solidaires et prêts à aider les personnes en difficulté. J’ai même reçu des billets de 50 euros et je voudrais dire que tous les Maghrébins avec qui j’ai été en contact ont eu avec moi un comportement exemplaire.

Qu’avez-vous fait de votre dernier enfant pendant cette période ?
Mon fils, installé dans une poussette, ne m’a jamais quittée, jusqu’à ce que la brigade des mineurs me le retire, il y a six jours, profitant d’un de mes instants d’inattention au commissariat du VIIe arrondissement où l’on m’interrogeait. J’étais alors au commissariat quand la police a profité d’un appel téléphonique auquel je devais répondre pour me le retirer.

Depuis que vous avez retrouvé la notoriété, que comptez-vous faire ?
Mon premier combat va consister à retrouver mon enfant, placé dans une prison, à la DAS de Saint-Vincent-de-Paul. Ensuite, il faudra que je récupère mon appartement dont on m’a privée. Et enfin, il faudra que je continue de témoigner pour tous ceux qui n’ont pas bénéficié de mon éducation et de mon caractère pour dénoncer la carence des services administratifs et des associations défaillantes.

Il y a bientôt 20 ans, vous avez été l’héroïne du Miel et des Abeilles, et plus récemment vous avez participé à La Ferme Célébrités. Envisagez-vous, à la faveur des événements, de reprendre des activités dans ce secteur ?
J’avais décidé de tout arrêter et de me couper de cet univers qui ne m’apportait plus rien. Des télévisions ont, bien sûr, pris contact avec moi et je discute déjà. Aujourd’hui, je songe à réaliser un documentaire sur les pirates pour la société Gédéon et j’aimerais beaucoup animer une émission sportive à la radio.

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